BRIDGET CARLETON IS READY FOR HER CLOSEUP | Canada Basketball

BRIDGET CARLETON EST PRÊTE POUR LA SUITE

Par : Holly MacKenzie

Au cours d’une année pleine d’incertitude, Bridget Carleton a indiqué clairement une chose : sa carrière WNBA ne fait que commencer. 

La joueuse de 23 ans de Chatham, Ontario a débuté son année en Australie, commençant sa première saison avec le Fire de Townsville. De là, Carleton a rejoint l’Équipe Nationale Senior Féminine en Belgique pour aider le programme à se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo 2020, avant que le monde du sport ne soit complètement chamboulé à cause de la pandémie de Coronavirus. 

Rentrée à la maison à Chatham pendant le confinement, Carleton a continué à s’entraîner. Sans accès à un terrain de basket, elle sortait de sa maison de famille pour aller tirer. Sans accès à une gym, elle restait dehors pour faire du cardio grâce à la course. Et pour le renforcement musculaire, elle faisait de la musculation avec une paire de poids de 20 livres qu’elle a trouvé dans le sous-sol de sa famille.

“Je me suis débrouillée,” a dit Carleton. “Je pense que [le temps passé à la maison] m’a aidé, ça m’a donné du temps pour me détendre et mettre en place une routine. Mon régime alimentaire n’a jamais été aussi consistant parce que je ne voyageais pas autant. Je ne sais pas, je crois que c’était une bénédiction déguisée pour moi.”

Son retour au Lynx de Minnesota cette saison était aussi une bénédiction déguisée. Après avoir passé la fin de la dernière saison WNBA avec l’organisation, être familier avec l’organisation a rendu la vie au sein de la bulle plus facile pour elle.

“C’était génial d’être de retour avec le Lynx, ” a dit Carleton. “J’aimais bien la culture que l’organisation avait, l’esprit championnat, les joueuses, les entraîneurs, ils étaient tous super. J’étais contente de revenir ici cette année. Je ne m’attendais pas à ça quand je suis rentrée dans la bulle, je ne m’attendais pas à jouer autant, mais j’ai tiré profit de ces opportunités et j’ai pris beaucoup de plaisir.”

Il y a aussi quelqu’un qui l’a aidé à bien vivre dans la bulle WNBA (ou, “Wubble”), c’était la coéquipière de Carleton avec Équipe Canada Kayla Alexander, qui jouait également avec le Lynx cette saison. Quand l’équipe est arrivée en Floride les deux Canadiennes étaient même colocatrices durant le début de l’été. Bien que Carleton ait beaucoup apprécié avoir une autre Canadienne dans l’équipe, elle dit que cet été, toutes ses coéquipières du Lynx ont rendu cette expérience incroyable dans la bulle.

“Mes coéquipières étaient géniales,” a dit Carleton. “C’était super d’être avec elle et ça m’a beaucoup aidé dans la bulle. De manière générale c’était super. On a pris beaucoup de plaisir.”

Après le tournoi impressionnant d’Équipe Canada en Belgique, l’entraîneure de l’Équipe Nationale Lisa Thomaidis était convaincue que Carleton allait être prête avant de rentrer dans la bulle et tirer profit de cette opportunité.

“Si on regarde la situation de Bridget, COVID est arrivé et elle a travaillé pour être une meilleure joueuse pendant cette période,” a dit Thomaidis. “Il y a quelque chose à dire pour ça. Cela demande beaucoup de cran, de détermination et d’implication pour être capable de faire ça pendant ce temps.”

Au cours de la période de travail initiale de Carleton avec le Lynx, qui avait un contrat de sept jours et donc peu d’opportunités de montrer ce dont elle était capable en situation de match, Carleton s’est concentrée sur les choses qu’elle pouvait contrôler et l’impression qu’elle voulait laisser avec Minnesota pendant une durée très courte.

“[Je savais que je n’aurais pas beaucoup d’opportunités de jouer en match], donc être une bonne coéquipière, donner de l’énergie, travailler dur à l’entraînement, faire tout ce que je pouvais pour faire bonne impression, faire partie de l’équipe et apprendre le plus possible [est devenu la priorité],” a dit Carleton au sujet de la saison passée avec le Lynx.

Après un contrat de sept jours, Minnesota a signé Carleton pour le reste de la saison dernière et cette saison. Et il semble qu’elle ait fait une très bonne première impression.

“Pour cette saison, je pense que [avoir passé la saison dernière ensemble] leur a aidé à me faire confiance,” a-t-elle dit. “Ils savent ce que je peux faire à l’entraînement. Et faire un bon camp d’entraînement et grappiller des minutes de jeu au fur et à mesure que la saison s’écoulait, c’était super évidemment. Je pense que j’ai beaucoup progressé la saison passée.”

Lorsqu’elle a rejoint le Lynx dans la bulle, Carleton était non seulement prête physiquement, mais aussi mentalement.

“Je pense que cette année, avec la qualification pour les Jeux olympiques lors du tournoi qualificatif en Belgique, j’ai montré que j’étais légitime et j’ai gagné en confiance, ce dont j’avais besoin pour la saison WNBA,” a dit Carleton. “J’ai beaucoup joué avec Équipe Canada au cours des qualifications et je me sentais bien, j’étais enthousiaste et prête à aller au camp d’entraînement. J’ai fait un très bon camp d’entraînement dans la bulle. Ça n’a duré que deux semaines parce que tout s’est accéléré, mais je pense que par-dessus tout, j’ai fait mes preuves et j’ai montré que je pouvais jouer à ce niveau et que j’appartenais à ce niveau.”

 

Même si les minutes de Carleton étaient limitées lorsqu’elle a joué avec le Lynx la saison dernière, la saison 2020 était une opportunité à cause de plusieurs absences dans l’équipe du Lynx, avec notamment Maya Moore qui a décidé de ne pas participer à sa deuxième saison consécutive pour se battre contre les problèmes de justice sociale ainsi que d’autres coéquipières qui ont connu des blessures. Après avoir commencé dans la bulle sur le banc pour jouer une minute lors de son premier match de la saison, 10 jours après, Carleton faisait partie du cinq de départ de l’équipe du  Minnesota, lors d’un match face à Kia Nurse et le Liberty de New York.

Carleton a inscrit 25 points, soit un record en carrière, ainsi que sept rebonds, trois passes décisives et une interception dans la victoire du Lynx 92-66 Lynx et son premier cinq majeur. Elle a tiré à 11 sur 16 et a été parfaite derrière l’arc, marquant ses trois tirs à trois points tentés. Elle est devenue la troisième joueuse seulement à marquer 25 points et inscrire cinq rebonds pour un premier match dans le cinq majeur.

“Ce match était génial,” a dit Carleton.

Malgré l’absence de spectateurs dans la salle et la distance créée en étant dans la bulle, Carleton a tout de même ressenti l’amour des partisans chez eux grâce aux réseaux sociaux. “Mon téléphone n’arrêtait pas de vibrer après le match et le jour suivant,” a-t-elle dit. “Ce qui est aussi unique, en étant dans la bulle et en ayant fait le match que j’ai fait, c’est qu’on voit les autres équipes et les autres entraîneurs et qu’ils félicitent les joueuses de la ligue. C’était quelque chose de différent  qui ne se serait jamais passé au milieu de la saison, donc c’était sympa.”

Sa famille la suivait tout comme sa famille Canada Basketball puisque Thomaidis dit qu’elle était scotchée devant la télé en regardant la deuxième saison de Carleton dans la bulle. “Plus tu regardes et plus tu vois [Carleton] jouer, son QI basket, son attention aux détails par rapport à ses fondamentaux, toutes ces subtilités la rendent vraiment importante,”  dit Thomaidis. “[Cela] fait d’elle une joueuse qu’on ne peut pas laisser sur le banc. Je pense qu’elle a apporté ça au bon moment [pour le Lynx] et elle a été capable de surfer sur la vague et de s’améliorer au fil du temps.”

Trois semaines après son début dans le cinq majeur, Carleton a établi un autre record en carrière. Cette fois-ci,  elle a montré un autre aspect de son jeu avec 10 passes décisives en 29 minutes dans la défaite du Lynx contre les Sparks. En plus d’être un record personnel pour Carleton, les 10 passes décisives étaient un record de carrière pour Moore, et aussi le deuxième total dans l’histoire de la franchise du Lynx. Au fil de la saison, Carleton a continué à montrer les différents aspects de son jeu. Dans cette saison écourtée à 22 matches, Carleton a finalement débuté 15 des 22 matches de son équipe, jouant en moyenne 25,8 minutes par match, soit la quatrième moyenne de l’équipe.

Même si Carleton savait qu’elle avait gagné sa place et une opportunité de jouer avec le Lynx, c’est durant cette deuxième saison qu’elle a passé un nouveau cap.

“Je pense que c’est la chose la plus importante, peu importe ce que pense les gens,” a dit Carleton. “Il y aura toujours des gens pour t’applaudir ou te donner des critiques, mais je me suis vraiment prouvée à moi-même et à la ligue que je mérite bien ma place ici.”

Carleton est peu disposée à trop se féliciter quand elle évoque son jeu. Pourtant, il est évident que lorsqu’elle parle de sa deuxième saison et de son expérience au sein de la bulle WNBA, elle est fière des efforts qu’elle a faits cet été. L’observant du Saskatchewan, Thomaidis a pu voir l’éclosion de Carleton au fur et à mesure de l’été.

“Quand elle a confiance en ses capacités et en l’environnement dans lequel elle évolue, elle joue mieux parce qu’elle a cette sécurité au niveau mental,” a dit Thomaidis. “Je pense que grâce à ces opportunités, quelques succès et le fait qu’elle jouait sa deuxième saison, tout cela a fait toute la différence.”

Même si Carleton est rentrée dans la saison avec l’intention de montrer son jeu, même avant le début de la saison WNBA, le collectif WNBA a clairement fait comprendre qu’il y avait des choses beaucoup plus importantes qu’une saison de basketball en jeu. Alors que la WNBA a dédié la saison 2020 à Breonna Taylor et le mouvement Say Her Name, les buts personnels ont laissé place aux buts communs.

“En y repensant, je pense que c’est la chose principale que je retiendrai,” a dit Carleton. “Lorsqu’on parle de la WNBA, on parle des problèmes actuels de justice sociale et on parle de tout ce qui se passe autour du monde. C’était vraiment important pour nous dans la ligue qu’il fallait parler de ça au-delà de cette saison.”

Alors que ses records en carrière ont fait les gros titres et que les efforts qu’elle a fournis cet été ont fait bonne impression au sein de la ligue, ce qui importait le plus pour Carleton était de savoir qu’elle avait utilisé sa plateforme pour quelque chose qui allait plus loin que son sport.

“Je crois que ce dont je suis le plus fière, c’est d’avoir su utiliser ma plateforme,” a dit Carleton. “J’ai fait mon travail, je l’ai bien fait, mais je me suis aussi battu pour ce en quoi je crois et pour ce qui est juste, et aussi en ce que croit la ligue. Je pense que c’est ce dont je suis le plus fière.”

Alors que Carleton a passé l’après saison WNBA en France, avec le club de Landerneau Bretagne Basket pour la première fois, il y a beaucoup de choses dont elle peut être fière, à la fois sur et en dehors du terrain.