TORONTO — Canada Basketball a nommé Natasha Bussoli et Kulbir Sidhu comme les deux lauréats du Prix de leadership Mike MacKay 2026, en reconnaissance du travail de ces deux entraîneurs, qui ont contribué à transformer les possibilités offertes par le basketball dans leurs communautés.
Le prix, anciennement connu sous le nom de Prix de l’entraîneur transformationnel Mike MacKay, a été repensé cette année afin de reconnaître des personnes de l’ensemble de l’écosystème du basketball — entraîneurs, officiels, bénévoles et administrateurs de clubs — qui s’engagent à former les leaders de demain et à faire grandir le sport selon une approche centrée sur les athlètes et leur bien-être.
Deux personnes sont récompensées chaque année, dont une femme occupant un rôle de leadership auprès d’athlètes féminines. Bussoli et Sidhu ont été retenus parmi cinq finalistes, aux côtés de Gavin Greenley, Kelli Sinnock et Chris West.
Chaque lauréat recevra une bourse de 2 500 $, et Canada Basketball collaborera avec eux afin d’organiser une clinique de leadership dans leur province d’origine, permettant ainsi d’accroître la portée de leur travail au sein de leur communauté locale de basketball.
Le Prix de l’entraîneur transformationnel Mike MacKay rend hommage à James et Ruth MacKay, les parents de Mike MacKay. Leur rôle exemplaire comme parents, ainsi que l’influence de tous les entraîneurs transformationnels qui ont accompagné Mike, ont inspiré la création de ce prix.
Bussoli s’est lancée relativement tard dans le basketball compétitif, ne découvrant l’existence du basketball de compétition qu’en 11e année. Elle a toutefois commencé à entraîner presque immédiatement après, acceptant un poste dans une ligue récréative à l’adolescence, une expérience qu’elle considère comme l’une des meilleures choses qui lui soient arrivées.
« Jouer au basketball m’a offert des occasions incroyables de grandir et de créer des relations qui dureront toute ma vie, et l’entraînement me permet de redonner au sport chaque jour », a déclaré Bussoli. « J’aime voir les athlètes créer des liens, trouver leur voix, relever des défis et réaliser qu’ils sont capables de bien plus qu’ils ne le pensaient. »
Elle se souvient à quel point son premier poste d’entraîneuse était intimidant.
« On parle devant des parents et des athlètes, on planifie les entraînements, et tout est nouveau », a-t-elle dit. « Si vous me demandez de faire ça maintenant, 20 ans plus tard, je vais vous dire : aucun problème. Mais la première fois, essayer de mettre tout le monde sur la même longueur d’onde… je pense que c’est extraordinaire. C’est comme ça que j’ai commencé. »
Au cours des deux dernières décennies, Bussoli a entraîné à presque tous les niveaux du sport, notamment pendant 12 ans avec le York South Silver Knights Basketball Club, où elle a travaillé auprès des ligues récréatives, des camps, des équipes de compétition et de petits groupes d’entraînement pour les filles. Elle a également travaillé avec IEM Basketball, le Collège George Brown, l’école secondaire Bill Crothers et la King Heights Academy.
Elle a également passé une saison comme athlète universitaire, jouant au hockey sur gazon à l’Université York, malgré le fait qu’elle n’en avait jamais pratiqué auparavant. Elle affirme que cette expérience a transformé sa façon d’entraîner.
« Pouvoir voir les choses sous un angle différent a été incroyable pour mon parcours comme entraîneuse », a-t-elle dit. « Apprendre à rassembler une équipe, à obtenir l’adhésion de tout le monde et à comprendre que chaque personne doit sentir qu’elle contribue à l’équipe, peu importe son rôle — c’est l’une des meilleures expériences que j’ai vécues, en passant d’entraîneuse à athlète, puis en ramenant ces leçons dans mon rôle d’entraîneuse. »
Elle souligne le rôle de mentors à presque chacune des étapes de son parcours.
Au Silver Knights, il s’agissait de Joe Spineto, directeur du programme compétitif du club, aujourd’hui décédé, et de Sam Bongiorno, directeur des camps et de la ligue récréative.
« Ils m’ont donné de leur temps, du mentorat et beaucoup d’informations précieuses qui m’ont absolument aidée à progresser », a-t-elle dit. « C’est la raison pour laquelle je suis restée là aussi longtemps. »
Au Collège George Brown, c’était l’entraîneur-chef Omari Wiltshire.
« C’est l’un des meilleurs entraîneurs et l’un des meilleurs êtres humains que j’ai rencontrés », a-t-elle dit. « Il m’a donné toutes les occasions possibles. J’ai pu être entraîneuse-chef lors d’un match préparatoire et d’un match de saison régulière. Je lui suis très reconnaissante pour tout ce qu’il m’a donné, mais encore plus reconnaissante pour ce qu’il a donné à la communauté du basketball. »
À Bill Crothers, c’était Jodi Gram, qui a lancé le programme préparatoire de l’école.
« Elle m’a encadrée, m’a donné de son temps et était honnête avec moi d’une manière très encourageante », a déclaré Bussoli. « C’est encore quelqu’un sur qui je peux compter aujourd’hui. »
Elle souligne également l’importance de Tom Liston et de Courtney Charles dans son développement continu comme entraîneuse et leader.
Ce que ces mentors avaient en commun, selon elle, c’est qu’aucun d’entre eux ne la laissait se contenter du minimum.
« Je cherche des gens qui vont m’encadrer et m’aider à devenir meilleure, mais qui vont aussi me tenir responsable », a déclaré Bussoli. « Il y a beaucoup trop de gens qui disent toujours oui. Je veux être entourée de personnes qui vont me pousser, parce que je peux maintenant transmettre ça à mon tour. Ça va accélérer mon propre processus d’apprentissage et de croissance. »
Une grande partie de cette croissance, dit-elle, vient d’un travail que personne ne voit.
« Je touche un peu à tout — l’administration, les appels, la planification des entraînements, les horaires. Il y a beaucoup de visionnaires qui parlent de faire des choses, mais en réalité, ça demande du temps. Ce n’est pas quelque chose de nouveau, c’est quelque chose que je fais de façon constante depuis mes 16 ans, donc depuis 20 ans maintenant. Je pense que c’est ça qui est important : je suis constante et je fais le travail, très souvent. »
Aujourd’hui, ce travail s’étend bien au-delà des équipes qu’elle entraîne directement. Bussoli est cofondatrice de Lead Thru Sport, fondatrice et directrice de Raise Her Game et commissaire des filles de la Coalition Basketball League. Dans ces rôles, elle crée des occasions pour les filles de compétitionner, de se développer, de prendre des responsabilités et de trouver leur place dans le sport.
Bussoli, qui entreprendra un nouveau rôle auprès des équipes féminines de North Toronto Basketball, décrit le leadership comme une responsabilité envers l’ensemble de l’écosystème du basketball, et pas seulement envers les athlètes qui se trouvent directement devant elle.
« C’est une responsabilité de servir le sport, de le faire grandir et de le laisser dans un meilleur état que celui dans lequel on l’a trouvé — et de continuer à se demander : de quoi le sport a-t-il besoin? », a-t-elle dit. « Il y a les entraîneurs, les arbitres, les parents, les administrateurs, les programmes — tout le monde est connecté. Comprendre le paysage et l’écosystème du basketball, c’est ce qui permet de bien le servir. »
Son conseil à la prochaine génération d’entraîneurs est sans équivoque.
« Connaissez vos valeurs, à mille pour cent », a-t-elle dit. « Vos valeurs vont guider toutes vos décisions. On voit souvent des gens changer de direction lorsque différentes occasions se présentent à eux. Mais lorsque vous restez fidèles à vos valeurs, vous représentez quelque chose et vous êtes constants. »
« Vous dormirez toujours sur vos deux oreilles et vous prendrez toujours la bonne décision, même lorsque celle-ci est difficile. »
Sidhu a grandi à Malton, une petite communauté tissée serrée située entre Mississauga, Brampton et l’aéroport international Pearson de Toronto. Il souligne que ce quartier a produit, discrètement, une part importante du talent du basketball canadien.
Il a découvert le sport en suivant son frère aîné à ses entraînements, et le basketball ne l’a jamais quitté.
« Le basketball a toujours été plus qu’un simple sport pour moi, c’est le cœur de mon parcours », a déclaré Sidhu. « Il m’a offert des occasions, des mentors, des amitiés pour la vie et de précieuses leçons qui ont façonné la personne que je suis. »
« À un moment donné, j’ai compris que je voulais devenir ce mentor pour quelqu’un d’autre, comme on l’avait été pour moi. »
Cette prise de conscience a mené à la création de Malton Sting.
Sidhu, avocat ayant étudié le droit au Royaume-Uni à l’Université de Buckingham, est retourné à Malton en 2019 et a constaté que le programme de basketball qui existait autrefois dans sa communauté avait disparu, malgré le talent qui continuait d’en émerger. Avec son cofondateur, Shiv Singh, il en a créé un nouveau à partir de zéro. Le club entamera bientôt sa huitième année, après avoir surmonté un lancement marqué par la pandémie et, la veille de son premier camp d’évaluation, une fusillade survenue à un pâté de maisons du gymnase.
« Nous avions 60 ou 70 jeunes inscrits. Je pense que 18 se sont présentés », a déclaré Sidhu. « Ces 18 sont devenus les premiers membres de l’équipe. C’est un quartier très résilient. Il y a tellement d’embûches et de jeunes qui avancent sur le fil du rasoir, et nous nous sommes dit : “Écoutez, nous devons avoir le courage de faire ça.” »
Depuis, Malton Sting a amassé des fonds et recueilli des denrées pour la banque alimentaire locale ainsi qu’un fonds de bourses en partenariat avec la Malton Black Development Association. Le club a également mis sur pied un programme d’apprentissage pour les entraîneurs qui permet à d’anciens joueurs de revenir encadrer la prochaine génération. La saison dernière, le club a formé la toute première équipe féminine de basketball de compétition du canton. Sidhu a pris les rênes de l’équipe en cours de saison et l’a aidée à passer du 43e rang à une médaille de bronze, dans un canton qui compte 50 ans d’histoire de basketball, mais qui n’avait jamais eu d’équipe féminine de compétition.
« Lorsque j’ai lancé Malton Sting, ce n’était pas pour les trophées, les victoires ou la gloire personnelle », a-t-il dit. « C’était de voir un jeune dribbler un ballon dans la rue ou dans un gymnase et de me voir en lui, puis de me demander : de quoi avais-je besoin à cet âge? Avais-je simplement besoin d’une épaule, d’une oreille attentive ou d’un “high five”? Encore une fois, tout revenait à la communauté et à ce que ce magnifique sport peut nous apprendre sur la vie, la responsabilité, la discipline, le travail d’équipe et la confiance. »
Sidhu souligne deux enseignants qui l’ont entraîné à l’école intermédiaire et secondaire — Bob Skinner, aujourd’hui retraité, qui lui enseignait les mathématiques et les sciences et l’entraînait à Morningstar Middle School, et Jonathan Graham, aujourd’hui retraité, ancien entraîneur-chef de Westwood Secondary School, devenue depuis Lincoln Alexander Secondary School — comme les deux personnes ayant le plus influencé sa façon de diriger.
« M. Skinner a apprécié mon attitude de ne jamais abandonner et l’a nourrie, et il a vraiment établi les bases de la façon dont le basketball est comme la vie », a déclaré Sidhu. « Et Jonathan Graham a continué à me pousser, que ce soit dans la salle de musculation ou sur le terrain. Lorsque je lui ai dit ce que j’avais commencé, la première chose qu’il m’a dite, c’était de continuer, que la communauté en avait besoin — mais de me rappeler que c’est un rôle ingrat. Personne ne va vous féliciter. Ce sont les histoires que vous n’entendez pas qui devraient vous pousser à continuer. Je lui dis toujours : “Si ce n’était pas de toi, je ne sais pas si je ferais ce que je fais aujourd’hui.” »
Il attribue également une grande partie de son parcours à ses parents.
« Ils occupaient des emplois manuels et vivaient chaque jour le rêve canadien sous mes yeux », a-t-il dit. « Les difficultés qu’ils ont vécues en tant que nouveaux immigrants, en quittant leur pays et en élevant deux enfants dans un tout nouveau pays — voir cet exemple chaque jour m’a inculqué cette attitude de ne jamais abandonner, de ne jamais baisser les bras. »
Lorsqu’on lui demande ce que le leadership signifie pour lui, Sidhu le décrit autant comme une attitude d’humilité que comme un ensemble d’actions.
« C’est apprendre constamment et savoir qu’on n’a pas toutes les réponses », a-t-il dit. « Techniquement, le leadership consiste à reconnaître que nous ne possédons pas le sport, que nous essayons d’en prendre soin et de le cultiver afin qu’il soit meilleur pour la prochaine génération. Il s’agit de servir les joueurs, de soutenir les entraîneurs et de créer des occasions — de laisser le sport dans un meilleur état que celui dans lequel nous l’avons trouvé. »
« Nous vivons toujours dans une société du “donne-moi, donne-moi” avec le basketball, comme si ce joueur nous appartenait. Mais si nous pouvons traiter le basketball comme un sport qui appartient à tout le monde, alors les personnes que j’ai inspirées mèneront le sport vers un meilleur avenir que celui que nous avons connu. »
Son conseil à un jeune entraîneur qui entreprend le même parcours est simple :
« Soyez prêts à continuer de travailler même lorsque personne ne vous voit. Continuez d’apprendre. Soyez humbles dans votre quête. Et rappelez-vous que chaque décision doit placer l’athlète en premier. Le succès ne se mesure pas aux bannières de championnat, mais à la façon dont nous bâtissons des relations, de la confiance et une influence auprès de la prochaine génération. »
« Si vous vous concentrez sur le service, votre impact durera bien plus longtemps que n’importe quel championnat. »
Les deux lauréats ont déclaré avoir été surpris par cette distinction. Aucun ne savait avoir été mis en nomination avant que des amis, des joueurs et des collègues présentent des lettres d’appui en leur nom.
« J’étais sous le choc d’avoir même été mis en nomination », a déclaré Sidhu. « Être reconnu par Canada Basketball m’a vraiment laissé sans voix. Cela montre que Canada Basketball accorde autant d’importance à faire grandir le sport que nous. »
« Je fais ça depuis 20 ans et je suis vraiment quelqu’un qui travaille dans l’ombre », a déclaré Bussoli. « Je sens que rien de tout cela ne tourne autour de moi. Je suis là pour servir, c’est exactement ce que je fais. Mais cela dit, c’est agréable d’être reconnue de temps en temps. »
Canada Basketball remettra ce prix dans le cadre de son travail continu visant à développer des programmes de basketball sécuritaires, équitables et inclusifs partout au pays, à éliminer les obstacles au développement des entraîneurs et des officiels, à favoriser les parcours de leadership et à améliorer l’accès pour les jeunes issus de groupes en quête d’équité.